Grève chez Ubisoft contre un nouveau plan d'économies et la fin du télétravail
Des employés du géant français du jeu vidéo manifestent contre un plan de réduction des coûts

Plusieurs centaines d'employés d'Ubisoft ont débrayé pour protester contre le nouveau plan de restructuration annoncé par la direction, qui prévoit la suppression de 1 500 postes et la fin du télétravail généralisé. C'est la troisième grève en deux ans dans l'entreprise, signe d'un malaise profond.
Un plan de restructuration contesté
Le plan présenté par le PDG Yves Guillemot prévoit de concentrer les activités sur un nombre réduit de franchises à succès (Assassin's Creed, Far Cry, Rainbow Six) et d'abandonner plusieurs projets en développement. Cette stratégie, jugée trop conservatrice par de nombreux employés, s'accompagne d'une obligation de présence au bureau quatre jours par semaine.
"Nous avons prouvé pendant quatre ans que le télétravail fonctionnait parfaitement. Cette décision est purement idéologique et va nous faire perdre nos meilleurs talents", dénonce Mathieu Dupont, délégué syndical CFDT chez Ubisoft.
Une industrie du jeu vidéo en crise
La situation d'Ubisoft reflète une crise plus large de l'industrie du jeu vidéo. Après les années fastes de la pandémie, le secteur fait face à une normalisation de la demande et à une inflation des coûts de développement. Les grands studios ont tous annoncé des plans de restructuration ces derniers mois : EA, Microsoft Gaming, Sony Interactive Entertainment.
En France, le secteur du jeu vidéo emploie 25 000 personnes et génère 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Les syndicats craignent que la vague de licenciements ne fragilise durablement l'écosystème français du gaming.
Source originale : Lire l'article sur RFI
Marc Delorme
Économie européenne, politique monétaire
Journaliste économique depuis plus de 15 ans, Marc Delorme a couvert les principales crises financières européennes pour plusieurs médias de référence. Diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d'un master en économie internationale, il a travaillé comme correspondant à Bruxelles avant de rejoindre MAXSAL.
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